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Collaborer avec la terre et ses ĂȘtres vivants

Collaborer avec la terre et ses ĂȘtres vivants
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
26 octobre 2018

Chantal Van Pevenage, qui signe chaque mois la « Rubrique du potagiste » dans le magazine L’Esprit Jardin, vient de publier un ouvrage intitulĂ© Collaborer avec la terre et ses ĂȘtres vivants : tout un programme !
Nous l’avons rencontrĂ©e pour en savoir plus.

– Le titre de votre ouvrage est intrigant, que signifie-t-il?

J’entends par lĂ  qu’il faut prendre le temps d’observer et d’Ă©couter avant d’agir.
En prenant notre temps, nous pouvons en gagner : il arrive souvent que des petits prédateurs viennent nous titiller ; exemple : des pucerons sur des fÚves des marais.

En laissant faire la nature, les choses se rĂ©sorbent parfois d’elles-mĂȘmes ; suite de l’exemple : des coccinelles sont venues pondre prĂšs des pucerons et leurs larves se dĂ©lectent.

Collaborer avec la terre, c’est aussi s’accommoder de tous les petits ĂȘtres qui l’habitent, travailler avec eux et, donc, les respecter.

– Est-ce une « mĂ©thode » que vous proposez?
C’est plutĂŽt une philosophie de vie. C’est porter un regard diffĂ©rent sur le jardin, la nature, les insectes, apprendre Ă  Ă©couter et Ă  se remettre en question (nous avons le droit de nous tromper !). C’est peut-ĂȘtre aussi apprendre la lenteur.

– Est-ce difficile Ă  mettre en pratique?
Collaborer avec notre jardin demande de le préparer autrement que pour cultiver un carré de terre toujours propre et non couvert.

Il faudra prévoir un plan du potager
– avec des rotations de cultures qui se succĂ©deront d’annĂ©e en annĂ©e,
– et des associations entre les lĂ©gumes, puisque nous savons aujourd’hui qu’ils ne s’entendent pas tous : comme nous, ils ont leurs sympathies et leurs antipathies !

Pour moi, un potager est Ă©galement un lieu oĂč poussent des fleurs, pour le plaisir des yeux, mais aussi pour apporter de la biodiversitĂ©.

Un potager gĂ©rĂ© en association avec tous ses ĂȘtres vivants sera forcĂ©ment couvert toute l’annĂ©e : c’est grĂące Ă  cette couverture qu’ils s’installeront et qu’un Ă©quilibre reviendra petit Ă  petit.

– Quels objectifs souhaitez-vous atteindre avec ce livre?
Informer sur des techniques qui sont nouvelles pour beaucoup de gens et, si possible, susciter des rĂ©actions et des changements de comportement. Cultiver un potager est loin d’ĂȘtre anodin.
La dĂ©marche ne consiste pas seulement Ă  cultiver des lĂ©gumes pour sa famille, elle contribue (ou non) Ă  crĂ©er une biodiversitĂ© Ă  l’emplacement de notre jardin.
J’ai envie d’attirer l‘attention du lecteur sur la notion que « nous formons un tout ».
Notre jardin fait partie d’un ensemble d’autres jardins ; si nous gĂ©rons le nĂŽtre en collaboration avec les ĂȘtres qui y vivent sans utiliser de produits phytos, nous contribuons au maillage Ă©cologique dont notre planĂšte a besoin.
Exemple : souvent dans mes formations, des participants me disent qu’ils sont envahis de ravageurs et que, pourtant, ils ne traitent pas leur potager.

On peut trouver plusieurs réponses à cette situation :
– soit le potager est gĂ©rĂ© de façon traditionnelle : le sol n’est jamais couvert, pas une mauvaise herbe ne peut pousser, il n’y a que des lĂ©gumes dans le potager, le jardinier n’a pas tenu compte des sympathies entre les lĂ©gumes,

– ou alors le potager est bien paillĂ© rĂ©guliĂšrement, le jardinier a tenu compte des associations, des rotations de cultures, etc. mais, tout autour de son jardin, les voisins traitent.

J’ai voulu que le livre soit facile et agrĂ©able Ă  lire, tout en laissant passer des messages qui me semblent importants. Bonne lecture !


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