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Connaissons-nous la pintade ?

Un petit troupeau de pintades qui se prépare à boire, à un point d'eau dans le bloc Tuli, Botswana.
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
22 septembre 2017

Originaire d’Afrique oĂč la pintade vit encore aujourd’hui en groupes Ă  l’état sauvage, en plaine ou perchĂ©e dans les arbres, elle est Ă©levĂ©e de maniĂšre traditionnelle en Europe.

La pintade a Ă©tĂ© pour certains peuples un animal sacrĂ© et vĂ©nĂ©rĂ© comme tel, surtout dans l’Égypte ancienne. Pour les Romains, elle Ă©tait un mets de choix.  AppelĂ©e « poule de Numidie » chez les Romains, » poule de Turquie » Ă  la chute de l’Empire byzantin, « poule du Pharaon » ou « poule de l’Inde » au XVIe siĂšcle, elle devint « pintado » en Espagne (« bien fardĂ©e ») un siĂšcle plus tard : un nom donnĂ© pour son casque en pointe sur la tĂȘte et les deux barbillons rouges qui entourent son bec.

Aristote lui donne le nom de « MĂ©lĂ©agris », car la pintade Ă©tait le rĂ©sultat de la mĂ©tamorphose des sƓurs de MĂ©lĂ©agre en oiseaux. Selon cette lĂ©gende, ArtĂ©mis, dĂ©esse de la chasse, aurait changĂ© ses sƓurs en pintade, pour allĂ©ger leur peine, aprĂšs la mort de leur frĂšre MĂ©lĂ©agre, roi de Calydon
 En dĂ©pit de ses efforts, leurs pleurs incessants laissĂšrent de petites taches blanches sur le plumage gris.

Introduite en Europe occidentale au XIVe siĂšcle par les grands navigateurs, elle est aujourd’hui principalement Ă©levĂ©e en Europe. Ses origines lui confĂšrent une spĂ©cificitĂ© recherchĂ©e par les connaisseurs et gastronomes : son goĂ»t subtil, sa saveur et sa lĂ©gĂšretĂ© la diffĂ©rencient des autres volailles.

Les pintades vivent dans les contrĂ©es immenses et ouvertes, dans les steppes et savanes. Les teintes de leur plumage forment un bon camouflage sous le jeu des ombres et des rayons de soleil. Elles s’établissent de prĂ©fĂ©rence dans les steppes arides parsemĂ©es de bosquets de broussailles et d’acacias isolĂ©s. On les trouve sur les hauts plateaux et à l’orĂ©e des bois, oĂč elles se retirent la nuit, ainsi que dans le lit sec et verdoyant des riviĂšres taries, sur les alpages et dans les jonchaies des rĂ©gions marĂ©cageuses. Leur nourriture est constituĂ©e principalement de verdure, mais elles mangent aussi quantitĂ© d’insectes vivants qu’elles trouvent en abondance toute l’annĂ©e. Elles aiment Ă©galement les fruits des acacias et font la chasse aux sauterelles. Les pintades se glissent furtivement vers leur proie et la capturent d’un coup de bec infaillible.

Parcourant leur territoire en grandes troupes, elles pratiquent une battue, faisant lever leurs proies sur un large front afin de les capturer plus aisĂ©ment. Ces proies ne se constituent pas uniquement d’insectes, mais aussi d’animaux plus grands, comme les grenouilles, les souris ainsi que les oisillons et mĂȘme des vipĂšres. On peut observer toute l’annĂ©e de grandes bandes de cinquante Ă  cent individus, mais les couples s’isolent en pĂ©riode de parade.

La femelle couve seule, mais dÚs que les jeunes sont ùgés de quelques jours, ils viennent tous rejoindre la grande troupe.

Les pintadeaux s’adaptent avec une rapiditĂ© extraordinaire au rythme de marche des adultes. Ces oiseaux passent la nuit perchĂ©s dans un arbre haut. Le nid se trouve gĂ©nĂ©ralement en terrain ouvert, sur un herbage et cachĂ© par une haute touffe d’herbe. La nichĂ©e comprend de douze Ă  vingt Ɠufs jaunĂątres Ă  brun clair, dont la coquille est parsemĂ©e de grands pores foncĂ©s ; ils mesurent 52x 40 mm. Ils pĂšsent 37 grammes ; la couvaison est de 24 jours. Les Ɠufs ont une coquille particuliĂšrement Ă©paisse.


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