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Entrevue avec Allium sativum (ceci est une fiction)

Entrevue avec Allium sativum (ceci est une fiction)
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
13 décembre 2019

Merci de prendre le temps de rĂ©pondre Ă  nos questions botaniques. Comprenez-nous, nous aimerions avoir votre point de vue sur ce que l’on ne voit pas.

NOUS PLANTONS EN GÉNÉRAL LES GOUSSES D’AIL EN AUTOMNE SOUS UNE ÉPAISSE COUCHE DE PAILLAGE. MAIS QUE SE PASSE-T-IL ENSUITE DANS LE SOL EN HIVER ?

C’est trĂšs simple : en contact avec la terre, mes racines vont commencer Ă  Ă©merger Ă  partir de la base de la gousse. Tout au long de l’hiver, elles vont se renforcer petit Ă  petit. L’énergie nĂ©cessaire vient de cette premiĂšre gousse, c’est pourquoi il est prĂ©fĂ©rable de la choisir de bonne taille. Une fois bien accrochĂ©, je trouve l’énergie dans le sol pour ma nutrition et la croissance de ma tige Ă  travers le paillage jusqu’à la lumiĂšre. À partir de l’équinoxe, mes feuilles perçoivent que les jours s’allongent, je ressens Ă©galement la tempĂ©rature du sol qui augmente. VoilĂ  les signaux qui m’annoncent le dĂ©but d’un chantier : la formation de mon bulbe.

QUELLE EST VOTRE STRATÉGIE DE REPRODUCTION ?

Je suis hermaphrodite, c’est-Ă -dire que je produis des fleurs mĂąles et femelles qui peuvent ĂȘtre pollinisĂ©es par les abeilles et autres insectes. La tige de mes fleurs est trĂšs robuste et esthĂ©tique, mes graines petites et noires s’apparentent Ă  celles de l’oignon. Cependant, aujourd’hui, la plupart des variĂ©tĂ©s sĂ©lectionnĂ©es par l’homme sont stĂ©riles et la propagation de l’espĂšce est assurĂ©e par multiplication vĂ©gĂ©tative : de braves humains sĂ©parent les gousses d’un bulbe, puis les enterrent avec le bout pointu en l’air.

D’OÙ VIENT CETTE FORME DE GOUSSE ?

Ma tĂȘte d’ail, tu veux dire ? Elle est composĂ©e de plusieurs caĂŻeux ou gousses. Chacun est entourĂ© d’une tunique parcheminĂ©e ; le groupe d’un mĂȘme pied est lui-mĂȘme inclus dans une tunique identique Ă  multiples couches. Lorsqu’on me rĂ©colte « vert », on observe que les compartiments ne sont pas encore distincts. En effet, la couche de protection se forme en dernier. Je garde mes secrets quant Ă  l’origine de ma forme


AVEZ-VOUS DES ENNEMIS ?

J’ai plutĂŽt des zones d’inconfort : trop d’eau permet aux rouilles et pourritures de s’installer contre ma peau extĂ©rieure, un sol trop acide ou trop enrichi avec du fumier frais, trop d’ombre. Je ne crains pas grand monde comparĂ© Ă  certaines plantes du jardin. Il est vrai cependant que je suis sensible aux nĂ©matodes et aux champignons dĂ©composeurs de bois. Mes « ennemies » peu mobiles restant dans le sol, changer d’environnement, mĂȘme seulement de quelques mĂštres, me permettra par consĂ©quent d’évoluer sans problĂšme. Rotation, comme vous dites, est la clĂ© de la prĂ©vention !

Merci pour votre Ă©clairage sur ces questions cruciales !


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