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La permaculture et le réseau des « Initiatives en Transition »

Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
28 février 2016

De l’économie d’énergie aux énergies renouvelables. En 2005, le processus des villes en transition est développé par Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture. Il s’agit d’appliquer les principes de la permaculture à l’échelle d’une ville, d’un quartier ou d’un village. Depuis, plus de 1200 initiatives ont vu le jour à travers la planète. Aujourd’hui, le mouvement se nomme « Initiatives en Transition ».

Un lien fondamental unit ces deux courants, la permaculture et le réseau des « Initiatives en Transition » : c’est l’énergie, les énergies. Le souci d’économiser toutes les énergies, mais également celle produite par l’effort humain, est un des principes de la permaculture. Faire plus et mieux, avec moins. Le réseau des « Initiatives en Transition » envisage quant à lui un monde en devenir c’est-à-dire sans énergies fossiles avec l’idée de faire acte de résilience plutôt que de subir le manque futur d’énergie fossile, tout en créant des alternatives viables.

Ces deux mouvements sont tous deux tournés, par souci d’économie d’énergies, vers la production et la consommation locale. Une vision et une approche positives, faisant confiance au collectif, les caractérisent également.

Le réseau des « Initiatives en Transition » est ce dont notre planète a besoin de par sa vision d’avenir optimiste, créative et humaniste. Le réseau propose par ailleurs de repenser l’économie en favorisant la création de nouvelles entreprises plus locales et plus durables. Une invitation à devenir vous aussi acteur d’une Initiative en Transition.

Poursuivons notre voyage dans les pas des pionniers de la permaculture.
L’Autriche est le pays qui a vu naître un « inventeur » prolixe de la permaculture : Sepp Holzer. Cet autodidacte découvre très tard, en 1995, nos pionniers tels Fukuoka et Mollison (voir article du numéro 2 de L’Esprit jardin). Il invente « sa » permaculture au fil de 40 années de pratique dans les montagnes d’une froide vallée autrichienne. Sa ferme, le Krameterhof, sera, sur plus de 40 hectares, le laboratoire de ses expériences.

Guidé par son intuition et nourri par ses erreurs, il met en place un projet époustouflant en permaculture. Les productions de sa ferme sont très variées ; il crée 70 étangs consacrés à l’élevage de ses poissons. Ces étangs sont à l’origine de microclimats qui, à plus de 1000 m d’altitude, rendent possible la culture en plein air de fruits et légumes autrement incultivables en altitude vu leurs besoins en chaleur.

Il plante plusieurs milliers d’arbres fruitiers dont les productions excédentes sont tout naturellement mangées par le bétail… Les bœufs et les cochons y vivent paisiblement en semi-liberté ainsi que les animaux de la basse-cour.  Ils sont hébergés dans des abris qui les protègent des intempéries, des grands froids et des chaleurs excessives. Sepp Holzer tire parti de l’environnement naturel en creusant des cavités.

La culture de champignons a également sa place au Krameterhof.
Le maraîchage est pratiqué sur hautes buttes et lutte par la même occasion contre l’érosion du sol.

La conservation des fruits et légumes se fait dans des caves creusées à même la roche. Un judicieux système d’aération avec une tuyauterie souterraine en fait des chambres de stockage optimal pour les fruits et légumes. Une humidité ambiante autour des 85 % et une température comprise entre 8°C à 10°C y sont constantes. Ces conditions sont idéales pour la conservation. Cette méthode ne demande aucun apport d’énergie.

Sepp Holzer nous montre comment faire une agriculture extrêmement diversifiée dans ce milieu plutôt hostile qu’est la montagne à plus de 1000 m d’altitude, avec ses fortes pentes et ses hivers rudes, et ce, dans le respect de la nature et pour le bien-être animal et humain. Un exemple pour l’agriculture du futur…

Comme nous l’avons dit, le Krameterhof s’étend sur plus de 40 hectares, mais la permaculture peut s’inscrire avec grand succès dans des espaces beaucoup plus modestes. Un jardin familial de 2 ou 3 ares, voire plus petit, peut déjà être un lieu de grande diversité, de rendement intéressant… et dont vous pourrez tirer beaucoup de bénéfice.

(Sources : S. HOLZER, La Permaculture de Sepp Holzer, Ed. Imagine Un Colibri, Marsac, 2012 et www.krameterhof.at.)

Retrouvez les conseils de Luc Koedinger dans notre rubrique « permaculture » de notre magazine L’Esprit Jardin.


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