Comment nous contacter ? 📱 061 27 18 28 Par mail : info@lespritjardin.be

Le geai des chênes : un rayon d’azur au jardin

Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
10 décembre 2018

Ah, cette plume bleue striée de noir et de blanc, que l’on trouve parfois au jardin et que l’on ne peut s’empêcher d’utiliser comme un bijou, pour orner une boutonnière ou un chapeau ! Elle est le signe de la présence du geai, un oiseau farouche qui, grand amateur de glands, participe à la dissémination des chênes.

Le geai des chênes (Garrulus glandarius) est un oiseau difficile à approcher, mais il n’est pas rare de pouvoir l’observer de loin dans les jardins et parcs arborés ou dans les environnements forestiers qu’il aime fréquenter.
Il vole généralement assez bas entre les arbres, sauf durant les migrations ou les déplacements en groupes durant lesquels il vole plus haut.
Tête huppée de gris et de noir, dos et poitrine bruns aux reflets roses, croupion immaculé, queue d’ébène et bordures d’ailes zébrées de bleu, de noir et de blanc : lorsqu’il sort des feuillages touffus où il se cache, ou que ceux-ci disparaissent en hiver, on reconnaît aisément et même de loin cette espèce de la taille d’une tourterelle et dotée de ce remarquable plumage contrasté.
Mâles et femelles sont tout à fait semblables : il n’y a pas de dimorphisme sexuel.
L’un et l’autre se reconnaissent aussi à leurs cris rauques et perçants : « skaaak », « shraaak » ou « skrrèèik ». Ces tonalités varient en fonction des raisons de l’alerte.
Doté d’une large palette vocale, le geai des chênes est aussi un excellent imitateur des cris d’autres oiseaux, comme celui de la buse, par exemple.
Au printemps, les gloussements qu’il pousse au cours des parades amoureuses collectives qui précèdent les accouplements ne passent pas inaperçus. Le mâle dresse alors les plumes de la calotte et du croupion. Tête relevée, bec pointé vers le ciel, il lui arrive aussi de claquer du bec lorsqu’il se lance dans des combats avec ses adversaires.

Des couples en or
 Les couples restent ensuite unis longtemps, peut-être même pour la vie. Ils nichent en solitaires et construisent pour cela un nid de brindilles garni de fines racines, sur une branche d’arbre située entre 2 et 5 mètres de haut et dans l’épaisseur du feuillage, pour être hors d’atteinte des prédateurs.
La femelle y pond 3 à 10 œufs verdâtres, tachetés de gris. Elle les couve seule pendant 16 à 19 jours. Pendant la ponte et l’incubation, le geai mâle fait des offrandes de nourriture à la femelle. Après éclosion, les poussins sont nourris par les deux parents. Ils quittent le nid entre 19 et 23 jours plus tard, mais dépendent des adultes durant 7 à 8 semaines avant d’être chassés du territoire parental. Ils y seront toutefois tolérés en dehors des périodes de reproduction. Ils atteignent leur maturité sexuelle à 1 ou 2 ans, et peuvent dès lors se reproduire à leur tour.
Drôles d’oiseaux !
 Les geais se distinguent par d’autres comportements typiques. Territoriaux au printemps, ils forment de grands dortoirs vers la fin de l’été et en automne.
Pour venir à bout des parasites, il leur arrive de se poser au sol pour laisser les fourmis grimper et chasser dans leur plumage. Ils terminent la toilette en se baignant, puis se secouent vigoureusement avant de lisser leurs plumes.
En matière de prédation, les geais des chênes partagent l’intelligence et les habitudes des corbeaux et des pies, qui appartiennent comme lui à la famille des corvidés. Omnivores, ils se nourrissent pendant la période de reproduction surtout d’invertébrés glanés dans le feuillage des arbres, comme les chenilles et scarabées.
Mais il leur arrive aussi de chasser les lézards et campagnols, et de s’attaquer aux œufs et aux poussins de plusieurs autres espèces de passereaux.


Planteurs de chênes
En automne et en hiver, ils mangent aussi des graines, des baies et des fruits secs comme les noisettes et les glands. Ces derniers peuvent constituer jusqu’à 50 % de leur alimentation. Ils les cachent en automne pour l’hiver. Un seul geai est capable de mettre en réserve quelque 3000 glands par mois en hiver en les dissimulant dans le sol ou sous des buissons.
Il arrive que plus tard l’oiseau reconnaisse aux jeunes pousses de chêne qui se développent en été l’endroit où les glands avaient été enterrés : une fois qu’il les a retrouvés, il consomme alors ce qui reste du gland germé.
Malgré sa gourmandise, cette façon de faire fait de lui un excellent planteur de chênes !
En hiver, vous pourrez le croiser plus souvent au jardin, alors qu’il recherche de la nourriture pour compléter son régime ordinaire à base de glands.
Vous pouvez garnir à son intention une mangeoire avec des arachides et des vers de farine, mais aussi des restes de légumes, de grosses graines, des céréales, des noix, et des baies. Il ne les consommera pas nécessairement tout de suite, mais vous aurez le bonheur de pouvoir l’observer les emporter pour aller les cacher.


7