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Vous reprendrez bien un ver (de terre) ?

Vous reprendrez bien un ver (de terre) ?
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
22 octobre 2019

Comme d’autres vers de terre, le lombric joue un rĂŽle fondamental dans l’équilibre du sol : en plus de la transformation de la matiĂšre organique inerte en Ă©lĂ©ments nutritifs pour les plantes, les galeries qu’il creuse permettent d’aĂ©rer et d’irriguer le substrat. Infatigable laboureur, le lombric ne mĂ©rite pas les grimaces que sa vue suscite parfois : c’est un des meilleurs alliĂ©s du jardinier ! 

Charles Darwin fut le premier à signaler dÚs 1881 le rÎle des vers de terre dans la formation de la terre végétale. Les lombrics et autres vers laboureurs appartiennent au monde des organismes vivants présents dans le sol qui digÚrent les matiÚres organiques inertes et les transforment en éléments minéraux indispensables pour la bonne croissance des plantes.

Le sol de nos contrĂ©es en contient en moyenne 100 g/mÂČ, soit 1 tonne/ha, parmi lesquels on peut distinguer plus d’une centaine d’espĂšces diffĂ©rentes. Ceux-ci occupent des niches Ă©cologiques diffĂ©rentes et participent ainsi de maniĂšre complĂ©mentaire Ă  la dĂ©composition et Ă  l’aĂ©ration des sols.

Pour n’en citer que quelques-uns, il y a par exemple Eisenia fetida, le ver du compost, appelĂ© aussi ver rouge, qui mesure environ 8 cm et est dotĂ© d’une chair trĂšs rose marquĂ©e par des anneaux clairs ;

Lumbricus rubellus, qui vit Ă  la surface des sols, cachĂ© sous les feuilles, et ne dĂ©passe pas les 8 cm de long ;

et Lombricus territris, le ver de terre ou lombric commun, qui peut atteindre une quinzaine de centimĂštres de long, et auquel nous allons nous intĂ©resser de plus prĂšs ici.

DE L’UTILITÉ DU LOMBRIC

En creusant des galeries dans le sol, le lombric, grand bosseur, participe Ă  son aĂ©ration et Ă  son drainage. Il est capable de s’enfoncer jusqu’à 2 mĂštres de profond. Ses mouvements mĂ©langent le sol ; ils apportent vers le fond des matiĂšres prĂ©sentes en surface (comme les vĂ©gĂ©taux morts) et remontent ensuite des oligoĂ©lĂ©ments comme le fer ou le souffre.

Au cours de ses voyages souterrains, le lombric prĂ©serve les racines des plantes saines. Les tunnels qu’il crĂ©e favorisent leur installation et l’apport en eau qui leur est indispensable. Le systĂšme digestif du lombric contient une riche faune bactĂ©rienne qui agglomĂšre les Ă©lĂ©ments du sol, les digĂšre tout en l’enrichissant : les tortillons qui marquent sa prĂ©sence Ă  la surface du sol tĂ©moignent de ce travail. Un lombric est capable de dĂ©placer l’équivalent de son poids en substrat chaque jour !

Et pour finir, avec les autres vers de terre, les lombrics constituent la premiĂšre masse de protĂ©ines du globe : ils reprĂ©sentent 80% du poids global des animaux terrestres ! Pas Ă©tonnant que taupes, hĂ©rissons, musaraignes, blaireaux, renards, grenouilles, crapauds, oiseaux, serpents et lĂ©zards en raffolent !

Voici donc beaucoup de raisons de prĂ©server ces petites bĂȘtes trop mal aimĂ©es.

Et pour cela, Ă©vitez aussi l’utilisation de motoculteur et de bĂȘches, ils dĂ©truisent les vers ; prĂ©fĂ©rez l’usage de la fourche-bĂȘche, outil plus doux, qui ne les tronçonne pas.

On bannira aussi, Ă©videmment, les traitements phytosanitaires qui les empoisonnent : le cuivre de la bouillie bordelaise, en particulier, peut leur ĂȘtre fatal.

L’effort en vaut la peine, car une fois installĂ©s les lombrics vous faciliteront grandement la tĂąche ! Apprenez Ă  les aimer !


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