Comment nous contacter ? 📱 061 27 18 28 Par mail : info@lespritjardin.be

Dans la peau du gingembre

Dans la peau du gingembre
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
15 janvier 2022

Quel drôle d’oiseau, tout de même, avec sa forme biscornue et ses strates de peau plissée un peu comme les genoux d’un dromadaire. Et quand on le coupe : l’odeur, le jus, les fibres réveillent les sens de plein fouet. 

Il m’en fait imaginer des mondes et je me demande : qu’a-t-il vu ? qu’a-t-il vécu ? qu’est-ce qui le fait vibrer ? On se questionne sur cette racine légendaire… tout en sirotant une infusion.

Gingembre, que vois-tu au quotidien ? (ceci est une fiction)

Depuis l’étagère à épices, j’ai une vue plongeante sur la cuisine où je suis disposé à portée de main. J’apprécie faire partie du rituel matinal et, pour les jours grincheux et pluvieux, c’est à plusieurs reprises que je me rends utile : je passe dans les mains, je suis en contact avec la planche à couper et le couteau qui tranche et, parfois, mes saveurs se mélangent avec celle du citron. C’est vraiment une fierté d’avoir été reconnu pour mes bienfaits thérapeutiques dans la médecine chinoise et ayurvédique. Ça a été notre passeport pour voyager dans le monde et être aujourd’hui cultivé par les humains. On n’est pas près de disparaître : merci aux petits problèmes de santé des hommes !

Blague à part, j’aime ressentir les effets que je produis sur le corps, les sensations comme le goût piquant sur la langue et la biochimie qui soulage la nausée, les crampes et douleurs, les indigestions, la fièvre, la toux et le rhume, les problèmes de circulation et j’en passe.

Je vois aussi le plaisir que je procure et la créativité dont les humains font part en cuisine pour m’ajouter à leurs sauces, soupes, boissons, salades et gâteaux.

Qu’as-tu vécu dans le sol ?

En tant que plante pérenne, j’ai eu plus d’une saison pour observer la vie en terre. Cependant, dans les champs commerciaux d’Inde d’où je viens, on nous récolte après 10 mois environ. Je pousse assez vite, jusqu’à 1,50 m maximum et, de là, j’apprécie les rayons du soleil, la chaleur. L’énergie capturée par mes longues feuilles étroites, je l’envoie vers mes rhizomes souterrains qui vont gonfler en se ramifiant. Ce sont eux qui, en se divisant, permettent d’assurer la prochaine génération.

Nous faisons également des fleurs en forme de cône ; cependant, le pollen est souvent infertile et la formation des graines n’est pas une évidence. Aujourd’hui, nos fleurs ouvertes sont peu ou pas visitées par les pollinisateurs, c’est une des hypothèses de notre « infertilité » lorsqu’on parle de reproduction sexuée[1].

Retrouvez la suite dans notre numéro de décembre (n°74)

https://www.weyrich-edition.be/produit/esprit-jardin-ndeg74-décembre-2021


[1] Melati et al. (2015) Floral Biology of Ginger (Zingiber officinale Rosc.) Int. J. Curr. Res. Biosci. Plant Biol. 2015, 2(4) : 1-10. 


29