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Lionel Raway et sa cuisine sauvage

Lionel Raway et sa cuisine sauvage
Cet article à été écrit par L'Esprit Jardin
12 décembre 2016

Lionel Raway et sa cuisine sauvage

Lionel, quel est votre terroir ?
Je suis de Namur. J’aime par-dessus tout la vallĂ©e de la Meuse dans laquelle j’ai grandi et profitĂ© pleinement de mon enfance : j’y ai pĂȘchĂ© l’écrevisse, escaladĂ© les rochers, appris à aimer la nature.

Parlez-nous de la « cuisine sauvage ».
Il s’agit de la cuisine des plantes sauvages, c’est-Ă -dire des plantes qui Ă©chappent à la culture et à la vente. Ces « mauvaises herbes » sont une source incroyable de saveurs, de textures et de vertus, que l’on aurait bien tort d’abandonner au compost.

Comment est nĂ© votre intĂ©rĂȘt pour cette alimentation ?
Je crois que je suis avant tout intĂ©ressĂ© par l’autonomie alimentaire. C’est un rĂȘve de gosse en quelque sorte : vivre dans une cabane au fond des bois et de ses cueillettes

Comment avez-vous acquis vos connaissances en botanique ?
J’ai suivi de trĂšs nombreuses formations. J’ai aussi menĂ© pendant plusieurs annĂ©es un « club » de cuisine sauvage qui rassemblait botanistes, mĂ©decin, pharmacien, cuistot. Cela a Ă©tĂ© particuliĂšrement instructif ! Enfin, rien ne s’acquiert sans des heures et des heures de pratique.

Parlez-nous un peu de votre métier et de votre quotidien.
Je suis formateur en cuisine des plantes sauvages. Je trouve beaucoup de plaisir dans ce mĂ©tier, qui allie l’ensemble de mes compĂ©tences et me permet de donner un sens à mon action. Je suis enseignant, guide nature, guide montagne, conseiller en environnement mais aussi traiteur-restaurateur. L’éducation à l’environnement et les changements de comportement me passionnent.
Une question qui taraude souvent les gens est de savoir si je me nourris exclusivement de plantes sauvages. La rĂ©ponse est non et je ne prĂŽne rien de tel : j’invite simplement chacun à prendre conscience de la richesse et de la diversitĂ© de la nature en goĂ»tant à quelques plantes sauvages, de temps à autre. Se faire plaisir, rien de plus.

Vous dites que « la cuisine sauvage agit en faveur de la prĂ©servation de l’environnement ».
Pouvez-vous dĂ©velopper ?

Avec plaisir ! Ce qui m’intĂ©resse dans la cuisine des plantes sauvages, c’est qu’elle nous amĂšne à nous intĂ©resser à des plantes mĂ©connues que nous dĂ©truisons parfois avec beaucoup d’acharnement. On ne compte plus les personnes qui arrachent l’égopode de leur jardin, par exemple. Mais savent-elles qu’il s’agit d’un ingrĂ©dient au goĂ»t frais et savoureux, que de nombreux chefs-coqs payent cher pour en servir à leurs clients ?
GoĂ»ter et cuisiner cette plante, c’est la faire changer de statut : la « mauvaise herbe » devient subitement « lĂ©gume ». Cette modification de regard n’est pas sans consĂ©quence : elle nous pousse à dĂ©laisser le bidon d’herbicide et nous permet d’accepter plus de diversitĂ© au jardin, laquelle est source de vie.

Retrouvez l’interview complet de Lionel Raway dans le magazine L’Esprit Jardin de dĂ©cembre 2016 – n°23.


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